Edito

Et si nous envisagions le théâtre comme un lieu de perturbation ? Un lieu où les idées, les formes et les modes de pensée prennent le vent ? Un espace qui serait au cœur d’un vortex duquel on risquerait sortir avec un chapeau autre que celui avec lequel nous sommes entré ?

 

Le Relais est un espace de tranquillité que les artistes affectionnent parce qu’ils y trouvent la douceur d’un nid propice à l’acte de créer, et nous sommes heureux de les voir sans fatigue renouveler leurs pratiques, réinventer le monde et nous aider à le concevoir à notre échelle, dans sa complexité, sa violence, son absurdité parfois, son injustice aussi, et sa beauté tout de même aussi des fois.

 

Cette douceur est si importante et si belle ! Mais elle n’empêche pas que le monde est rude et que son mouvement de transformation est loin de s’arrêter, qu’il s’accélère peut-être même… et les spectacles que nous proposons ne prennent leur plein sens que dans la relation qu’ils établissent à cette sensation que le monde avance peut-être vers son dérèglement, son déséquilibre, sa dangerosité, et que nous sommes les jouets de cette catastrophe à venir, à moins que découvrions comment le comprendre, l’accepter, le respecter, pour pouvoir le maîtriser, à moins que nous-mêmes nous devions apprendre à nous maîtriser, car sommes-nous maitres de ces vents de folie qui soufflent sur nos têtes ?

 

Le Relais accueillera cette année encore des multiples projets de danse, de théâtre, de performance, où seront conviés musiciens, acteurs, danseurs, philosophes, designers et plasticiens, tous tellement différents et tellement superbes dans cette façon qu’ils ont de construire contre tout vent contraire ces formes singulières que sont leurs spectacles, de faire entendre leurs paroles, leur poésie, d’ouvrir nos regards à leurs structures éphémères et pourtant tellement robustes qu’elles peuvent à elle seules faire rien moins que… changer le monde tout simplement…

 

Et cela dans ton regard d’abord…. si tu ouvres la porte et acceptes de sentir vibrer les murs, le temps d’une soirée.

 

Pas de gros dangers pourtant dans ces expériences où la convivialité et le plaisir d’être ensemble primeront toujours… mais tout de même cette sensation, qui peut être bouleversante, qu’il existe des endroits où la parole est libre, qu’elle circule aussi légère que l’air, et cela même si elle prend parfois les accents d’une terrible tornade.

 
On se retrouve bientôt ?
 
Vincent Lacoste

Directeur artistique

Le Relais est adhérent d’Arteoz, plateforme culture et handicap,

co-président du LIEN – lieux intermédiaires en normandie, membre de la coordination nationale des lieux intermédiaires et indépendants – CNLII.